17.01.2008

Qui est Kareem Amer?

LEXPRESS.fr du 10/12/2007

Liberté de la presse
Kameer Amer, filleul de LEXPRESS.fr

Marie SimonLEXPRESS.fr s’engage au côté de RSF pour parrainer un jeune cyberdissident égyptien, Kareem Amer, à l’occasion de la Journée mondiale des droits de l’homme, ce lundi. Ce jeune homme de 23 ans a été condamné en février dernier à quatre ans de prison pour "insulte envers l'islam" et "diffamation à l’égard du président de la République". Il a été distingué cette année par le prix RSF-Fondation de France dans la catégorie "cyberdissident".

Abdel Kareem Nabil Suleiman, dit Kareem Amer, a 23 ans. Ce jeune Egyptien étudie le droit à l’université sunnite al-Azhar, au Caire.


Il a un projet: créer une ONG pour protéger les droits de l’homme et, en particulier, des femmes musulmanes. Il en fait part aux internautes sur des forums de discussion comme Discussions Modernes, mais aussi sur son blog, qu’il tient à jour régulièrement. Son but est "d’aider l’humanité contre toutes les formes de discrimation", lit-on dans son profil.

En réalité, Kareem Amer n’étudie ni n’écrit plus depuis novembre 2006 : il n’en a pas le loisir au centre de détention de Moharram Bek, à 200 km du Caire, où il est emprisonné. Kareem Amer est le premier blogueur égyptien arrêté et condamné à une peine de prison.



Son crime? Avoir critiqué sur son blog la dérive autoritaire du président Hosni Moubarak et dénoncé la mainmise des islamistes sur les universités du pays. Parmi les écrits du jeune homme, on retrouve un article intitulé "L’université Al-Azhar et sa politique d’apartheid entre les hommes et les femmes parmi les étudiants: fermez cette université" (2004), ou un autre "La vérité nue sur l’islam" (2005). Il a été condamné en novembre à quatre ans de prison pour avoir "incité à la haine de l’islam" et "insulté le président égyptien".

Ses conditions de détention, d’après les informations de RSF, sont déplorables. Isolé de sa famille qui s’est réjouie de sa condamnation, il est atteint psychologiquement. Fin octobre, il a écrit à son avocate Rawda Ahmed pour lui faire part de tortures physiques dont il aurait fait l’objet. Il dit notamment avoir été "menotté et battu". Lors du procès, en novembre, ses avocats ont porté plainte contre Medhat Samir, un officier de police de prison, et contre le médecin de la prison qui, selon eux, auraient falsifié le dossier médical du jeune homme afin de dissimuler toute trace de torture.

S’il purge sa peine, Kareem Amer sera libre en 2010. Un comité de soutien a été monté. Il organise des manifestations et diffuse les textes du blog de Kareem Amer, ainsi que les lettres qu’il écrit depuis sa cellule égyptienne.