22.07.2009
Kareem dans l’isolement depuis le mois de mai
The Arabic Network for Human Rights Information (ANHRI) rapporte que pour la troisième fois, l’association n’a pas pu rendre visite à Kareem Amer. Les avocats d’ANHRI se sont vus empêchés de rencontrer Kareem Amer le 16 juillet. Le 6 juillet le journaliste Magdi Samaan qui était venu pour voir Kareem Amer n’a pas pu le voir.
Contre un pot-de-vin, les avocats ont obtenu du garde de prison à ce qu’il leur remette une letter de Kareem Amer. Il dit avoir été torturé dans le passé.
Le comité de soutien à Kareem Amer est très préoccupé de sa situation.
Défenseurs de la liberté d'expression, défenseur des droits humains, agissons pour que soit mis fin à son calvaire et pour qu'il puisse retrouver sa liberté.
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21.07.2009
Malgré la presse privée et d’opposition, l’information reste très contrôlée
Depuis l’arrivée au pouvoir du Président, l’indépendance de la presse est mise à mal par les pressions de l’Etat. L’autocensure touche tous les journaux, d’Etat, d’opposition ou indépendants. Et Internet n’est déjà plus un refuge pour la liberté d’expression.
On a coutume de dire ici : «Mis à part Allah et le président, on peut parler de tout». L’Egypte est le pays qui compte le plus grand nombre de publications écrites dans la région (plus de 500). Mais sa longue tradition est mise à mal par un contrôle sévère de l’Etat. Au point d’apparaître dans le dernier classement de Reporters sans frontières sur la liberté de la presse à une peu reluisante 146e place sur 173, en «situation difficile». Selon RSF, depuis janvier 2009, une plainte par jour en moyenne est déposée contre un journaliste ou un blogueur.
Officiellement, la censure est interdite par la constitution. Mais l’état d’urgence, reconduit il y deux ans, permet de passer outre. La création d’un journal requiert l’aval du Haut Conseil de la presse, dirigé par le chef de l’Etat, mais également celui du Conseil des ministres. Le gouvernement égyptien détient en outre un monopole sur la publicité et la distribution.
Les journaux d’Etat, les plus diffusés, sont toujours dirigés par des hommes proches du pouvoir. Al-Ahram («Les Pyramides»), premier quotidien du pays (1 million d’exemplaires par jour), réussit malgré tout à maintenir un cap modéré et libéral. «Notre journal exprime les multiples points de vue nationaux», affirme Gamal Zayda, rédacteur en chef adjoint.
Les blogueurs sous surveillance
Dans les kiosques de journaux, la presse privée d’opposition, comme Al-Wafd ou Al-Ahali, et la presse indépendante, dont le célèbre quotidien Al-Masry Al-Youm, se sont faits une place. «Ces journaux représentent les diverses tendances politiques et ont une grande liberté de manœuvre», explique Gamal Zayda. Mais la grande majorité sont imprimées hors d'Egypte, à Chypre et au Liban, soumises à un censeur des publications étrangères. Et la liberté de ton n’est pas sans risque.
Devant de telles contraintes, Internet est devenu l’espace de la liberté d’expression. Avec 20% de la population surfant sur le Net, l’Egypte compte le plus fort taux de pénétration sur le continent africain. Dès 2007, l’étau a commencé à se resserrer. Kareem Amer, condamné pour avoir «incité à la haine de l'islam» et insulté le président, est devenu le symbole de la répression sur la Toile. Depuis 2008, la connexion wifi est payante et codifiée. Actuellement en discussion, un projet de loi prévoit des peines de prison pour «abus d’utilisation d’Internet» et pour «publication de contenu multimédia sans autorisation du gouvernement». Suite au mouvement du «6 avril» lancé sur Facebook, de nombreux blogueurs ont été arrêtés. Wahel Abbas, la «star de la blogosphère» égyptienne, a été interpellé au début du mois au nom de la sécurité nationale. RSF classe une nouvelle fois en 2009 l’Egypte parmi les douze pays « ennemis d’Internet ». Pour la quatrième année consécutive.
Clément THIRIAU (www.lepetitjournal.com - Le Caire - Alexandrie) vendredi 17 juillet 2009
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