28.08.2008
« La pensée a des ailes, nul ne peut arrêter son envol"
Youssef Chahine s’en est allé et la censure continue à bien régné en Egypte.
Le cinéaste marocain Nabil Ayouch en a fait les frais.
Si on devait me demander de citer un point commun entre Youssef Chahine et le cinéaste marocain Nabil Ayouch, je répondrais : tous les deux ont été victimes de la censure en Egypte.
Youssef Chahine, c’était pour l’Emigré (1994) et Nabil Ayouch, c’est pour Whatever Lola Wants(2008).
Dans la ville natale du grand cinéaste défenseur des libertés Youssef Chahine, le festival du film d’Alexandrie vient de rayé « Whatever Lola Wants ».
Motif ? Ce film dénigrerait l’image de l’homme égyptien.
Censurer un film pour son ton libre pour un festival qui était dédié à Youssef Chahine, c’est une absurdité pharaonique.
Le festival du Film d’Alexandrie avait programmé pour l’ouverture « Whataver Lola wants » pour la célébration du cinquantenaire du cinéma marocain. A la dernière minute, il a été remplacé par Baisers volés.
Mahmoud Yacine, un comédien égyptien a vu le film à Dubaï lors de son avant-première mondiale en décembre 2007. Il ne l’a pas apprécié. L’acteur a contacté le président de l’association des écrivains et critiques de cinéma égyptiens, qui organise le festival d’Alexandrie, pour lui expliquer que ce film ne devait être diffusé dans aucun festival égyptien. Par ailleurs, Mahmoud Yacine n’est autre que le producteur de Baisers volés…
Le film : une reflexion dans un ton divertissant des rencontres entre les cultures
Certes, on peut attribuer au film de Nabil Ayouch un caractère léger. N’est-il pas de son droit ?
Le film raconte l’histoire de Lola, une jeune Américaine tombant sous le charme d’un Egyptien. Lola le suivra dans son pays.
Là-bas, elle découvre que le jeune homme moderne qu’elle a connu aux Etats-Unis s’est transformé en esprit rétrograde.Lola se met en tête de retrouver la fascinante danseuse Ismahan.
La troisième figure égyptienne importante du film n’est autre qu’un homosexuel, le meilleur ami de Lola à qui elle doit d’avoir découvert la danse orientale et sa star égyptienne.
L’homosexualité, un tabou en Egypte, avait déjà été évoquée dans L’immeuble Yacoubian par le célèbre écrivain égyptien Alaa El Aswany.
La censure semble être une mode qui se confirme en Egypte actuellement.
Nawal El Saadawi, une autre victime de la censure égyptienne.
Récemment, une autre figure du féminisme égyptien Nawal El Saadawi a vu sa dernière pièce de théâtre « intitulée Dieu démissionne au sommet » subir les foudres d’Anastasie et de ses ciseaux.
En quoi la circulation des idées serait néfaste ?
Avec hier, Youssef Chahine et aujourd’hui Nawal El Saadawi et Nabil Ayouch, le monde arabe ne peut que se glorifier d’avoir des voix et esprits libres.
Et comme le disait si bien Youssef Chahine :
« La pensée a des ailes, nul ne peut arrêter son envol ».
15:33 Publié dans Liberté d'expression | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
19.08.2008
Encore un défenseur des droits humains condamné en Egypte: Saadeddine Ibrahim
Egypte: prison pour un défenseur des droits de l'homme pour avoir diffamé le pays
2 août 2008
LE CAIRE (AFP) — Le sociologue et militant égypto-américain des droits de l'homme Saadeddine Ibrahim a été condamné par contumace samedi par un tribunal égyptien à deux ans de prison pour avoir diffamé l'Egypte, a rapporté l'agence officielle Mena.
Saadeddine Ibrahim, qui se trouve actuellement aux Etats-Unis, a été reconnu coupable d'"avoir terni la réputation de l'Egypte", a ajouté Mena.
Deux avocats, Aboul Naga al-Mehrezi et Hossam Salim, avaient accusé M. Ibrahim d'atteinte aux intérêts de l'Egypte après une série d'articles et de discours sur la citoyenneté et la démocratie dans lesquels le sociologue critiquait le régime du président Hosni Moubarak.
Une source judiciaire a indiqué à l'AFP que M. Ibrahim, qui pourra bénéficier de la liberté contre une caution de 10.000 livres égyptiennes (1.890 dollars), peut faire appel.
M. Ibrahim avait indiqué en juin qu'il souhaitait regagner l'Egypte mais voulait d'abord être sûr de ne pas être arrêté dès son retour.
Selon le quotidien indépendant Al-Masri Al-Yom du 28 juin, M. Ibrahim a envoyé une lettre au ministère des Affaires étrangères, dans laquelle il demande des "garanties" des autorités à ce sujet.
L'intellectuel, âgé de 69 ans, a choisi l'exil depuis plusieurs mois en raison d'un climat qu'il estime délétère pour l'opposition et les défenseurs des droits de l'homme en Egypte.
M. Ibrahim, très critique du régime, avait brièvement rencontré le chef de l'Etat américain George W. Bush à Prague en juin 2007 et celui-ci l'avait qualifié de "dissident".
Saadeddine Ibrahim avait été condamné en 2001 à sept ans de prison, notamment pour "atteinte à l'image du pays" après avoir critiqué M. Moubarak, et pour avoir reçu des fonds de l'étranger.
Sa condamnation avait suscité les protestations des pays occidentaux, avant d'être cassée en appel. Arrêté pour la première fois en juin 2000, il avait passé dix mois en prison en 2001.
20:43 Publié dans Droits de l'homme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
12.08.2008
Egypte : saisie en catimini du quotidien Al-Doustour
Reporters sans frontières dénonce la saisie du quotidien indépendant Al-Doustour. Le 10 août 2008, les exemplaires du journal cairote ont été retirés du marché sans que la rédaction ne soit notifiée de la décision. Dans cette édition dominicale, les journalistes d’Al-Doustour ont bravé une "interdiction de publier" en couvrant le meurtre d’une chanteuse libanaise dans lequel serait impliquée une personnalité égyptienne. Quelques jours auparavant, le procureur général avait interdit aux médias d’aborder cette affaire. Le parquet pourrait prochainement convoquer le rédacteur en chef du quotidien, Ibrahim Issa, poursuivi dans plusieurs autres affaires.
12 août 2008
16:25 Publié dans Liberté d'expression | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

