30.05.2008
Les protestatations d'internautes lors de la condamnation de Kareem Amer
La condamnation du blogueur égyptien Kareem Nabeel Sulaiman pour ses écrits sur son blog a choqué l’opinion internationale, mais pour les blogueurs égyptiens, il s’agit d’une leçon amère et d’une menace bien trop proche d’eux pour qu’ils puissent s’estimer à l’abri.
Kareem a été condamné par un tribunal d’Alexandrie à quatre ans de prison ferme: trois pour « blasphème contre la religion musulmane » et un pour « insultes » au Président égyptien Hosni Mubarak.
Pour le blogueur Ala’a Abdulfattah, qui a été lui-même été détenu l’an dernier pour son activisme politique, c’est l’année de prison pour « insulte » au président qui le met hors de lui.
عبد الكريم خد 4 سنين حبس
3 سنين على تهمة ازدراء الأديان و سنة على تهمة اهانة السيد الرئيس
بيقولك مرة واحد قرر يرشح نفسه رئيس الجمهورية، مسكوه بتوع أمن الدولة و قالولوا أنت عبيط ولا ايه، قالهم هو شرط؟
الناس اللي كانت بتشجع محاكمة و حبس عبد الكريم، يا ريت تركزوا شوية على حتة سنة حبس على تهمة اهانة الرئيس دي، يا ريت تاخدوا بالكم كويس من معناها. و تفكروا كويس دي لما تعدي بالساهل كده ممكن تستخدم ثاني ضد مين و ضد كام حد في مصر.
فكروا كويس في عاقبة حبس الكافر الزنديق الكخة بتهمة اهانة الرئيس.
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“Abdulkareem a été condamné � quatre ans derrrière les barreaux, trois pour blasphème contre la religion,et un pour avoir insulté le président. On raconte qu’un jour, quelqu’un décida de se présenter � l’élection présidentielle. La police secrète l’arrêta et lui demanda s’il était stupide. L’homme s’étonna : « C’est obligatoire ? ». J’espérais que les personnes qui se sont mobilisées pour le procès de Abdulkareem aurait relevé, en passant, cette petite partie [du jugement]qui décrète qu’il passera un an en prison pour avoir insulté le président. J’espère que vous m’accorderez un peu d’attention sur ce point. J’espère que vous y réfléchirez : quand une sentence de ce genre passe sans soulever un tollé, contre combien d’autres personnes en Egypte cette accusation sera-t-elle utilisée par le futur ? Réfléchissez aux conséquences qu’entraine l’emprisonnement d’un sale infidèle pour insulte au président », écrit-il.
Freedom for Egyptians [EN] pense, comme Abdulfattah, qu’après la condamnation de Kareem, les autres blogueurs ne sont plus en sécurité.
« Ce matin, j’ai vu les nouvelles sur le blogueur egyptien Abdel Kareem Nabil Soliman Amer et, comme prévu, il a été condamné � quatre ans de prison. Je m’attendais � de la prison, mais pas � quatre ans. Il reste le recours en appel, mais qui peut dire…
C’est vraiment triste ! L’Egypte établit un dangereux précédent en jugeant et condamnant les blogueurs et ceux qui écrivent sur internet, quand d’autres pays cherchent � augmenter le niveau de liberté d’expression.
Le plus grand désastre n’est pas le fait qu’on soit pour ou contre le blog de Kareem Amer. La vraie déception est que beaucoup de gens approuvent la condamnation de Kareem, même sa propre famille. Ils ignorent que, quelles que soient leurs opinions sur la politique ou la religion, leur tour viendra…
Je ne suis pas choqué, mais triste. » conclut-il.
Après avoir résumé les réactions des organisations internationales de défense des droits de l’homme, un autre blogueur égyptien, Ibn Al Dunya, ajoute quelques réflexions personnelles.
« Cela évoque d’autres grands fils et filles de l’Egypte, qui sont passés par la même étrange expérience avec [l’université] al-Azhar que Kareem pendant les seize derniers mois (meme si les conséquences ont été différentes). Des personnalités comme Ali Abd al Razeq, Taha Hussein, Naguib Mafouz, Youssef Chahine, Farag Fouda, Alaa Hamid, Nasser Hamid Abu Zeid, Louis Awad et Nawal as Saádawi ont tous subi la même inquisition, et n’ont pas été jugés digne des hauts critères de cette auguste institution ».
Pour quatre d’entre eux au moins, cela a eu d’énormes conséquences.Mafouz a été poignardé 35 ans après avoir écrit Awlad Haratna (Les fils de la médina), et celui qui a porté les coups invoquait la décision de al Azhar comme motif de son geste. Farag Fouda a été assassiné dans la rue après avoir été décrété apostat par Sheikh Muhamed al Ghzali. Nasser Hamed Abu Zeid a été limogé de son poste � l’université du Caire, contraint de divorcer de son épouse Iqbal Younis, et tous deux ont dû s’exiler.
Et maintenant, Abdel Kareem Nabil Sulaiman…. » écrit-il.
Ibn Al Dunya soutient que les religions sont protégées et ne peuvent pas être ternies par les écrits ou les pensées d’une personne ou d’une autre.
“Ce que les gens perçoivent comme une mesure de protection de la religion, ou de l’image de l’Egypte, n’est pas une bonne chose, c’est un signe de faiblesse. Les religions (l’Islam, ou le christianisme) n’ont pas besoin d’être protégées par le peuple. La religion elle-même est bien plus grande que nous tous réunis et ces deux religions ont survécu � des temps bien pires que les nôtres. C’est nous qui avons besoin de la religion, et non le contraire. L’Islam n’est pas menacé en tant que religion, ou comme civilisation, par Al Qaida, le Danemark, Salman Rushdie, le Pape, ou n’importe lequel des auteurs mentionnés ci-dessus, et certainement pas par un simple blogueur comme Kareem, de même que le christianisme n’est pas menacé par les écrits de Muhammad Emara ou les images du moine, etc. », écrit-il.
Pendant ce temps, la blogueuse Yasmin [EN]nous révèle ce que Kareem a exactement écrit sur son blog et ce qui a motivé son arrestation.
«Le dernier billet sur son malheureux blog date du 28 octobre 2006. Il y mentionne qu’il a reçu une convocation de la police dans le cadre d’une enquête. Les charges qui pèsent sur lui, écrit-il, sont des fantômes de [l’université] Al Azhar qui reviennent le hanter, alors qu’il a déj� reçu les documents lui notifiant son renvoi de l’université. Il mentionne d’autres intellectuels et personnalités qui ont été victimes de la malédiction de Al Azhar, comme il l’appelle, et qui ont également été contraints de renoncer � leurs idées ou de s’exiler ou de les payer de leur vie, comme Nasr Hamed Abu Zeid, Dr. Ahmed Sobhy Mansour, Nawal El Saadawi ou Ahmed El Shahawy et feu Farag Fouda. Il écrit que cela ne fait que renforcer sa résolution. Depuis ce dernier billet, il a été arrêté et emprisonné, et a sans nul doute vécu l’enfer. Nous avons tous vu ces vidéos sur YouTube, sur ce qui se passe dans les postes de police egyptiens:sa détention préventive a probablement été un cauchemar, et le mot est faible. Les visites de sa famille et de son avocat lui étaient interdites. Les charges retenues contre Kareem étaient d’avoir blasphémé contre l’islam, troublé l’ordre public, et insulté le président Hosni Moubarak. » écrit elle.
D'après Yasmin, Kareem écrivait sur l’amour et sur l’instrumentalisation de la religion pour exclure les femmes de la vie publique. Kareem n’admettait pas « que l’on n’éduque pas les filles, qu’on leur interdise de travailler dans certains lieux ou secteurs professionnels. Il condamne la circoncision féminine [ndlt : l’excision], les mutilations génitales, comme une autre forme de répression. Il critique le fait de marier les filles très jeunes et dénonce avec passion les violences conjugales. Toutes ces critiques ont déj� été examinées par [l’université] Al Azhar et par le grand Mufti ».
“J’ai lu tout son blog. Cela m’a pris deux jours, mais j’ai pu lire attentivement chaque billet. Je devais comprendre pourquoi il va être privé de quatre années de sa vie. Pourquoi on lui a nié le droit de finir ses études. Pourquoi il a eté renvoyé de l’université. Pourquoi on l’a fait taire et pourquoi on a fait de lui un bouc émissaire, peut être pour faire peur, et faire taire d’autres blogueurs ».explique-t-elle.
Yasmin a réalisé un travail remarquable en résumant les billets de Kareem et en nous donnant une chronologie de tous les sujets sur lequel le blogueur emprisonné s’est exprimé. En conclusion, elle écrit :
“Le plus surprenant : le chapitre 3 de la Constitution égyptienne, qui traite des libertés civiques, devoirs et droits, dit en son article 47:” La liberté d’opinions sera garantie. Chaque individu aura le droit d’exprimer son opinion et de la diffuser oralement, par écrit, par la photographie, et par tout moyen d’expression, dans les limites de la loi. L’autocritique et la critique constructive garantiront la sécurité de la structure nationale » ».
« C’est exactement ce que Kareem a fait. Il a exercé sa liberté d’opinion. Il a pris au sérieux son droit d’exprimer ses opinions et y croyait assez pour les écrire sur Internet, sur un blog accessible au public. A mon avis, Kareem a respecté ses convictions ainsi que sa religion. Dans sa présentation sur son blog, Kareem a écrit qu’il avait hâte d’aider l’humanité � lutter contre toute forme de discriminations. Le Coran implore les croyants de dénoncer l’injustice, et c’est précisement ce que Kareem a fait.
Une fois de plus, une institution religieuse se prend pour Dieu. Au lieu de voir qu’ils font partie du problème, ils interprètent toute critique de l’institution comme une critique d’Allah, alors que Kareem a seulement fait ce qu’Allah ordonne � tout musulman [4:135] « Ô les croyants ! Observez strictement la justice et soyez des témoins (véridiques) comme Dieu l’ordonne, fût-ce contre vous mêmes, contre vos père et mère ou proches parents. Qu’il s’agisse d’un riche ou d’un besogneux, Dieu a priorité sur eux deux (et Il est plus connaisseur de leur intérêt que vous). Ne suivez donc pas les passions, afin de ne pas dévier de la justice. Si vous portez un faux témoignage ou si vous le refusez, [sachez que] Dieu est Parfaitement Connaisseur de ce que vous faites ».
Amira Al Hussaini
http://fr.globalvoicesonline.org/2007/03/03/12/
17:10 Publié dans Pétition de Reporters Sans Frontières pour Kareem | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
20.05.2008
Kareem Amer sur Al-Jazeera
http://www.youtube.com/watch?v=NdAsinzKxDA
17:48 Publié dans Kareem Amer dans la presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
19.05.2008
Liberté pour Kareem El-Beheiri!
Egypte19.05.2008
Reporters sans frontières demande la libération du blogueur Kareem El-Beheiri
Reporters sans frontières demande aux autorités égyptiennes de libérer le blogueur Kareem El-Beheiri, arrêté le 6 avril 2008 à Mahalla alors qu’il couvrait une grève touchant l’usine de textile dans laquelle il travaillait. Il est détenu à la prison de Borg El Arab (40 km d’Alexandrie) depuis le 9 avril.
« Kareem El-Beheiri est soumis à de mauvais traitements. Il a commencé une grève de la faim et nous nous inquiétons pour son état de santé. La direction de la prison refuse de le transférer à l’hôpital pour qu’il reçoive les soins adéquats. Nous demandons aux autorités de le libérer en attendant de préciser les charges exactes retenues à son encontre », a déclaré Reporters sans frontières
Dans une lettre adressée à Zakareya Abdel Aziz, directeur de l’organisation rassemblant les juges du Caire, le 18 mai, Kareem El-Beheiri témoigne des mauvais traitements qui lui ont été infligés, ainsi qu’à Tareq Amin et Kamal el-Fayyoumy, deux activistes arrêtés le même jour. « Nous avons été torturés dans les quartiers de sécurité de l’Etat à Mahalla les 6, 7 et 8 avril. Des policiers ont électrocuté Kareem, insulté et battu Tareq Amin et Kamal El-Fayyoumy », écrivent-ils (http://allthegoodnameshadgone.blogspot.com/2008/05/letter-from-kamal-el-fayyoumy-tareq.html)
Kareem El-Beheiri était ouvrier à l’usine de textile Misr Filature et Tissage de la cité industrielle de Mahalla. Il a perdu son emploi pour « absentéisme » bien que ses employeurs aient reçu les documents confirmant son incarcération. Les autorités lui reprochent d’avoir incité à la grève sur son blog, dans lequel il évoque les actions organisées par les ouvriers égyptiens pour manifester contre leurs mauvaises conditions de vie.
Dans son dernier article, Kareem El-Beheiri écrit : « Il est maintenant sept heures du matin, le 6 avril, et je m’en vais à Mahalla pour couvrir la grève de l’usine. Priez pour moi et j’espère que chacun réussira à montrer les failles du régime égyptien. Kareem El-Beheiri, d’un pays libre : celui des révolutionnaires égyptiens. »
La grève du 6 avril, organisée pour protester contre la vie chère, a été suivie par plusieurs milliers de personnes au Caire et dans la ville industrielle de Mahalla. Un groupe intitulé « 6 avril », créé sur le réseau social Facebook, appelant les Egyptiens à protester par tous les moyens, rassemblait 64 000 membres à la veille des manifestations. L’internaute Esraa Abdel Fattah Ahmed est restée plus de deux semaines en prison pour avoir fait partie de ce groupe. Son inititateur, Ahmed Maher, un ingénieur de 27 ans, a été battu par la police de Mahalla pendant douze heures afin d’obtenir les identifiants du groupe. Son compte a été annulé par Facebook, qui le considérait comme un « spammeur » en raison du nombre important de messages qu’il envoyait aux membres de « 6 avril » pour les inciter à se mobiliser.
« Cette grève organisée sur Internet est une première pour les autorités, qui ne savent pas à qui en imputer la responsabilité. Nous condamnons la détention pendant plusieurs semaines d’individus qui n’ont fait qu’user de leur droit à la liberté d’expression », a conclu l’organisation.
L’Egypte compte six millions d’internautes et la blogosphère y est l’une des plus actives du Moyen-Orient. Depuis les manifestations demandant le départ du président Hosni Moubarak à l’approche de l’élection de 2005, les blogueurs ont pris le relais des médias officiels en publiant des photos et des vidéos. Ils sont aujourd’hui considérés comme une source d’informations à part entière. En janvier 2007, le journaliste Wael Abbas a diffusé des vidéos montrant des policiers qui torturaient des détenus. Ces images ont servi de preuves dans un procès qui a abouti à la condamnation de l’un des officiers à trois ans de prison. C’était la première fois qu’un tel événement se produisait.
13:03 Publié dans Association de défense des droits humains | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Les ouvrières égyptiennes aux avant-postes du combat social
Les usines d'Egypte sont maintenant la ligne de front du mouvement des travailleurs qui a débuté en décembre 2006, lorsque les ouvriers textiles ont été 10.000 à manifester à Mahallah Al Kobra, cité industrielle du delta du Nil. Cette mobilisation sans précédent a marqué le point de départ d'une vague de grèves, la plus grande dans le pays depuis les années 1940 selon les spécialistes.
A l'origine du mécontentement : la politique néo-libérale menée par le gouvernement d'Ahmad Nazif. Les privatisations ont faire perdre leur emploi à des milliers de travailleurs tandis que les prix augmentaient. L'inflation actuelle est estimée aux alentours de 12% alors que les salaires restent, eux, inchangés depuis les années 1970. La majorité de la population égyptienne est plongée dans la pauvreté. "Nous avions le sentiment d'être déjà morts et de n'avoir donc rien à perdre en manifestant", explique El-Sayyed Habib, l'un des leaders du mouvement.
Le plus frappant dans ces protestations, outre la large participation, c'est le rôle joué par les femmes. La plupart des mouvements ont été initiés ou menés par des femmes. Ces dernières ont non seulement participé aux activités diurnes mais ont aussi bravé les interdits sociaux pour occuper les usines durant la nuit au lieu de rentrer dormir chez elles comme des femmes "respectables".
Si toutes les meneuses du mouvement sont des femmes entre deux âges, une énorme proportion de celles qui ont simplement participé ont moins de 30 ans, voire moins de 20 ans. "Ces jeunes filles étaient souvent trop hésitantes ou effrayées au début pour se joindre au mouvement mais lorsque l'action se concrétisait, elles agissaient avec plus d'enthousiasme que les hommes", raconte avec fierté l'une des leaders, Amal, qui approche de la quarantaine.
Alors qu'est-ce qui a poussé ces jeunes filles à rejoindre le mouvement ? Si leurs aînées sont disposées à s'exprimer en leur nom, il a été difficile d'obtenir la réponse directement de la bouche des premières concernées. Les jeunes ouvrières travaillent plus de 12 heures par jour et n'ont pas le temps d'accorder des entretiens. Elles ont peur des services de sécurité donc, une fois les manifestations et les grèves terminées, elles nient avoir joué un rôle dans les protestations.
Elles forment la masse des employés les moins bien payés de l'industrie textile. Dans plus de 60% des cas, elles ont été embauchées sans contrat de travail. La faiblesse et l'instabilité de leur position les exposent à des risques bien plus grands que les travailleurs plus âgés, embauchés avec un contrat stable.
Samar El Helw, ancienne ouvrière textile à Samannoud, a participé aux manifestations de 2007 avant de démissionner pour devenir mère au foyer. Aujourd'hui âgée de 20 ans, elle se souvient qu'elle et ses collègues étaient payées 40 livres égyptiennes (5€) par mois. "Nous étions contentes de manifester parce que nous pensions que ça nous aiderait à obtenir une augmentation. Je ne travaille plus maintenant mais mes amies qui sont encore à l'usine vont participer à la prochaine manifestation parce que les dernières mobilisations n'ont fait grimper nos salaires que jusqu'à 120 livres (15€) par mois, ce qui n'est toujours rien", confie-t-elle en référence à la manifestation du 6 avril qui devait rassembler le plus grand nombre de protestataires depuis le début du mouvement.
A l'instar de Samar El Helw, la plupart des filles qui travaillent dans les usines de textile le font parce qu'elles n'ont pas d'autre option. Faute de qualifications - et de débouchés professionnels - elles se voient contraintes de travailler dans les fabriques de vêtements afin d'économiser assez d'argent pour financer leur mariage. Certaines continuent de travailler après le mariage pour entretenir leurs parents. D'autres, plus nombreuses, pour subvenir aux besoins de leur famille en joignant leur petit salaire à celui de leur mari.
"Seulement 1% des ouvrières parviennent à se marier et à rester au foyer", rapporte Karim Al Beheiri, un militant ouvrier de Mahallah qui tient un blog sur les mouvements sociaux à travers le pays. "Et comme de moins en moins d'hommes et de femmes ont les moyens de se marier aujourd'hui, les femmes qui effectivement se marient doivent travailler après le mariage pour subvenir aux besoins de la famille et des enfants".
Rania, 22 ans, travaille 12 heures par jour : de 8h30 à 15h30 dans une usine textile et de 17h à 22h dans le magasin d'un ami de son père. "Je fais ce que font beaucoup de mes amies. Si je n'avais pas mon deuxième emploi, je ne pourrais pas vivre puisque au bout de cinq ans à l'usine, je ne touche que 160 livres (20€)".
Contrairement aux ouvrières plus âgées, presque toutes embauchées avec un contrat, une assurance maladie et un plan-retraite (qui de nos jours ne couvrent plus grand chose), les jeunes femmes se font exploiter.
Dans l'industrie textile actuelle, les jeunes filles ne sont embauchées qu'en équipe de jour, par exemple dans les sections vêtements. C'est dans ces services que les travailleurs sont le moins payés. Les jeunes filles en particulier sont embauchées à des postes inférieurs à leurs qualifications. Dans certaines usines, d'après Amal, elles doivent signer un document où elles s'engagent à ne jamais se porter candidates à une position plus élevée, quand bien même elles auraient les qualifications pour cela. Ainsi les jeunes femmes sont rarement promues, si ce n'est jamais.
Cette situation est en contraste flagrant avec celles des jeunes gens qui, à niveau de qualification égal, sont embauchés comme superviseurs et ont beaucoup plus de chances de promotions, bien que leur salaire soit quasiment aussi bas.
Le rôle majeur joué par les femmes dans le mouvement ouvrier pourrait facilement prêter à une interprétation féministe, si ce n'est que les travailleuses de tous âges récusent en choeur cette "accusation". Des revendications féministes ? "Nous ne voulons rien de la sorte", lance Soad, 29 ans. "Nous voulons juste un bon salaire et une vie décente pour les deux, hommes et femmes".
Eman S. Morsi
(16/04/2008)
http://www.babelmed.net/Pais/M%C3%A9diterran%C3%A9e/les_ouvri%EF%BF%BDres.php?c=3139&m=34&l=fr
12:59 Publié dans Moyen-Orient | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
16.05.2008
Un autre article sur Kareem Amer sur Menassat
Alexandra Sandels, une journaliste suédoise basée au Caire écrit à propos du manque croissant de la liberté d'Egypte pour Menassat:
Malgré le fait que les frontières de la liberté d'expression ait été poussé par la presse indépendante et la communauté des bloggeurs,2007 témoigne d'une vague de mesures répressives contre la liberté de la presse et de pensée en Egypte.
La décision de l'Egypte de condamner un jeune bloggeur de 23 ans Kareem Amer à la prison en février a suscité la fureur de la société civile et a attiré l'attention de la presse internationale. Pour une critique de l'institution islamique Al-Azhar et le governement égyptien, Amer a été condamné à 4 ans de prison pour insulte à l'Islam et au Président Moubarak sur son blog. C'est la première fois que l'Egypte condamne un bloggeur à une peine de prison.
L'avocat d'Amer Gamal Eid qui est aussi le directeur de l'organisation non-gouvernementale basée en Egypte, The Arabic Network for Human Rights Information insiste que "Kareem a franchi la ligne rouge en critiquant l'Islam, le président et l'insititution Al-Azhar"
Abdel Hadi suggère que le régime doit songer à " protéger sa légitimité" en condamnant Amer et envoyer un signal fort à tous ceux qui critiqueront la religion.
En tant que militantisme public, blogger est une activité dangereuse selon Eid. En avril, la sécurité a arrêté à l'aéroport du Caire un journaliste et bloggeur affilié aux Frères Musulmans Abdel Moneim Mahmoud qui tentait d'aller au Soudan pour faire un reportage sur les droits humains dans le Monde Arabe.
13:20 Publié dans Kareem Amer dans la presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
15.05.2008
Kareem sur Menassat
Le texte ci-dessous est une traduction d'un article apparu sur Menassat. ( site spécialisé dans l'information du monde arabe
3 avril 2008
" Nous avons besoin de ne pas oublier Kareem"
Au premier anniversaire de son emprisonnement, "Free Kareem" lançe une autre campagnge mondiale aujourd'hui pour attirer l'attention sur le bloggeur égyptien.
Par ALEXANDRA SANDELS
Beyrouth/Caire, 22 fvrier 2008 (Mennassat) - C'était le 22 février de l'année dernière que le premier cypberdissident était condamné à la prison en Egypte. Kareem Amer qui avait à ce moment là 21 ans était un ancien étudiant de droit à l'Université islamique Al-Azhar. Il publiait des écrits sur son blog karam903.blogspot.com. Les autorités égyptiennes avaient décidé à ce moment là de traîner le cyberdissent en ustice. Une court d'Alexandrie condamnait Amer à 4 ans de prison pour "insulte de l'Islam et du Président Moubarak."
Le bloggeur passe acutellement ses jours à la prison Burj al-Arab en dehors d'Alexandrie" une institution connue pour les criminels" comme le décrit un militant.
Depuis un an, des groupes de défense des droits humains comme des politiciens étrangers font pression sur les autorité égyptiennes pour libérer Amer.
Le ministre des affaires étrangères Ahmed Abul-Gheit donne comme réponse le rejet de ce qui peut appartenir les affaires de l'Egypte..
En commémoration d'un an de condamnation d'Amer, le site de la campagne "Free Kareem" ont instauré une journée Kareem dans un effort de faire prendre conscience de son cas et pour que les gens n'oublient pas la situation du bloggeur emprisonné.
Les militants ont prévu des manifestations devant les ambassades d'Egytpte à Washington, Paris et Londres et les organisateurs invitent les écrivains à présenter des articles sur le cas d'Amer dans les journaux et les publications des étudiants.
Ce n'est pas la première fois que le groupe organise des actions de défense pour Amer. L'année dernière, ils avaient organisé des protestations en simultané dans dix capitales du monde notamment Paris, New York, Stockholm et Londres.
Cependant, cette année, l'équipe a changé sa stratégie pour améliorer son impact.
" Nous voulons que ce jour soit autant que possible efficace et par conséquent nous avons changé notre stratégie depuis l'année dernière. Au lieu d'organiser des manifestations partout dans le monde, nous avons choisi trois villes stratégiques. Notre but est de toucher le média et espérons renforcer notre message à travers les journaux" dit Esra'a Al-Shafei, présidente de la Coalition Free Kareem dans une interview avec MENASSAT"
Al-Shafei insiste sur la particularité importante de viser les Etats-Unis, les médias et les institutions à cause de l'influence stratégique de l'Amérique sur l'Egypte".
2 milliard de dollars sont envoyés à l'Egypte par les Etats-Unis. Nous voulons faire pression sur les autorités égyptiennes pour leur faire comprendre que garder Kareem en prison nuit à leur image continue Al-Shafei. "Je pense que le gouvernement y sera attentif ".
Les conditions physiques et psychologiques d'Amer reste une constante inquiétude pour les militants.
El-Shafei se dit inquiète par la situation de Kareem car celà fait un temps qu'elle n'a pas entendu parler de lui.
"J'ai entendu qu'il allait mieux. Nous lui envoyons des lettres mais nous ne savons pas s'il les reçoit.
La bloggeuse égyptienne Wa7damadreya reste en contact régulier avec Amer et est une des rare à pouvoir lui rendre visite en prison.
"Je suis très proche de lui. C'est très dur de le visiter en prison. Je pense y aller trois fois maintenant. Tu dois parti tôt et il te fait attendre longtemps" a dit Wa7damadreya dans un interview téléphonique.
“I’ve heard he is doing better. We are sending him letters but we don’t know if he is receiving them. For every three letters we send him we usually get one back ,” said Al-Shafei.
La dernière fois qu'elle a rendu visite à Amer en prison elle a attendu 6 heures pour le rencontrer moins de 50 minutes.
Elle a dit que celà fait longtemps qu'elle n'a pas entendu parler d'Amer.
She also said it has been a while since she last heard from Amer.
"J'ai reçu une lettre de Kareem le 6 février mais il l'avait envoyé à ma maison d'Alexandrie au lieu du Caire où je vis, je n'ai pas été capable de le lire pourtant. C'est un risque pour ma famille. Ils n'aiment que je reçoive des lettres de prisonniers" dit Wa7damasreya.
La vie est très difficile pour Amer mais Wa7damadreya indique que le bloggeurs rayonne toujours quand il reçoit des visites. Durant sa visite, Wa7damasreya apporte toujours des livres à Amer comme elle sait que c'est un grand lecteur.
"Kareem aime les livres. J'essaie d'apporter avec moi un livre quand je vais le voir. La dernière fois, je lui ai apporté un livre de Naguib Mahfouz."
Cependant, le bloggeur dit que Burj Al-Arab est rempli d'escrocs et de criminels. " Kareem est entouré de criminels. Les gardes frappent les prisonniers avec des bâtons" elle dit.
Amer lui-même s'est plaint récemment dans une lettre à son avocat où il disait subir des abus de la part de prisonniers et d'un garde à l'intérieur de la prison.
L'organisation a prévu de déclaré lincident pour demander une investigation. Les avocats d'Amer ont signalé cette affaire au Procureur Général mais ils n'ont pas pu obtenir cette investigation.
Quand on lui demande comment es-ce que le public peut aider Amer, Wa7damasreya dit à MENASSAT de lui envoyer des lettres et des livres est une bonne idée.
El-Shafei insiste sur l'importance pour que les gens n'oublie pas Kareem et le garde dans vos pensées.
17:50 Publié dans Kareem Amer dans la presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
13.05.2008
Dernière visite pour Kareem Amer (Mars 2008)
Au coeur du désert, la prison de Borg El Arab où Kareem est emprisonné
Shahinaz, une bloggeuse égyptienne, Rawda, l'avocate de Kareem et Doa'a Sultan, une journaliste parcourt le chemin en voiture du Caire à la prison Borg El arab pour rendre visite à Karem et voir comment il va.
La prison est situé dans un lieu sale, isolé et cruel.
Shahinaz nous dit que Kareem va bien et qu'il est heureux de les voir. Ils ont passé tout le temps à l'encourager et l'informe des dernières actions mondiales réalisées en sa faveur. Il est heureux d'entendre celà.
Il remercie toutes les personnes qui se sont imliquées. Heureusement, dû à la protestation internationale qui a eu lieu suite à l'information selon laquelle il était torturé, Kareem n' est plus torturé physiquement dans la prison.
Kareem reçoit certaines lettres de l'étranger qui l'aident réellement à garder le moral. La campagne Free Kareem Coalition pense lancer une autre campagne de lettre appellant les gens du monde entier à envoyer des lettre à Kareem pour lui assurer qu'il n'est pas seul.
Si vous voulez lui écrire, vous pouvez utiliser cette adresse:
Abdel Kareem Nabil Suliman
Borg el Arab prison
Section 22, Room 1
Alexandria Egypt
Kareem pourrait aussi figurer dans un journal local. Il passe son temps à écrire ses pensées et espérons le seront traduites aussi tôt que possible par la coalition. Lorsque Doa'a lui demande à propos de la torture qu'il a subi en novembre, il a répond que c'était vraiment dur de l'effacer de sa mémoire. "Nous pouvons voir comment la cruauté l'a traumatisé" dit Shahinaz.
Les trois jeunes femmes ont passé la jounée entière auprès de Kareem. Ils avaient quitté le Caire à 7 heures du matin et sont rentrées à 7 heure du soir. Nous leur remercions sincèrement d'avoir apporté du courage et d'avoir pris du temps pour rendre visite à Kareem en prison.
12:35 Publié dans messages de soutien | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
11.05.2008
Nous bloguons parce que nous croyons
L’article ci-dessous est une traduction d’un article publié dans le journal allemand « Die Zeit » (The Time).
Il a été publié trois jours après le premier anniversaire de la condamnation de Kareem le 25 février
Nous bloguons parce que nous croyons.
Un an après que le bloggeur égyptien Kareem était envoyé en prison pour avoir insulté l’Islam.
Par Simon Columbus.
Ses doigts forment le signe de la victoire mais Kareem Amer n’a pas gagné.
Bien au contraire, le 22 février de l’année dernière, l’étudiant de l’Université Al-Azhar au Caire était condamné et accumulait quatre ans de prison.
Trois années pour avoir insulté l’Islam et une année pour avoir insulté le président égyptien Hosni Moubarak.
Que s’est-il passé ? Le 22 octobre 2005, des émeutes contre les croyants chrétiens ont éclaté devant l’église d’Alexandrie.
Kareem Amer dont le nom réel est Abdul Kareem Nabeel Suleiman décrit l’incident.
Pour lui, le conflit religieux n’est rien d’autre qu’une excuse. Et il poursuit :
Mais l’Islam en procès et en condamnation avec tous ses symboles (…) dont tu peut être sûr ce qui s’est passé hier ne se répètera pas.
Durs mots dans un pays où l’Islam est religion d’Etat et la Charia la base de la législation. Même si beaucoup de ceux qui se battent pour la libération de Kareem Amer ne sont pas d’accord avec ses polémiques.
En tant que musulmans, nous sommes certainement en désaccord avec ce qu’il dit et la manière dont il l’écrit » dit Esra’a Al-Shafei du Bahreïn. Cependant nous sentons le besoin de protéger ses droits basiques pour le bien de nous tous.
Par conséquent, Esra’a Al-Shafei a initié la Campagne Free Kareem. Sur internet, les supporters collectent des informations sur le prisonnier et organise des manifestations de protestation dans le monde.
Kareem Amer est un de ceux qui appartient à une génération « rising » de jeunes garçons et filles éduqués du Moyen-Orient qui revendiquent d’utiliser internet comme un moyen d’expression.
Fouad Al-Farhan, un autre blogeur emprisonné en Arabie Saoudite [libéré aujourd’hui] dit que sa génération pense : nous bloggons car nous croyons nous avons des opinions qui méritent d’être entendus , et les esprits devraient être respectés.
Beaucoup de jeunes bloggeurs n’écrivent pas seulement à propos de la politique mais la plupart d’entre eux mentionnent des thèmes politiques encore et encore.
Ils veulent discuter et échanger entre eux à propos de leur vie aussi bien que les problèmes du Proche et Moyen-Orient.
Pour Fouad Al-Farhan, c’est seulement possible à travers des forums, réseaux sociaux et des blogs sur internet, car il n’y a pas de média libre ou une liberté de s’assembler dans des pays de la région dirigé autocratiquement.
Le rapport de l’organisation non-gouvernementale Reporters Sans Frontières arrive à la conclusion qu’ici il n’y a pas de liberté de la presse dans aucun pays du Proche et du Moyen-Orient. La flatterie est la meilleure façon de garder son travail et sa liberté »
Les plus influents deviennent les jeunes bloggeurs qui sont capables d’écrire ce qu’ils pensent réellement. Ils apportent à l’attention du public des problèmes qui sont ignorés par les médias contrôlés par les Etats. Beaucoup travaillent avec des surnoms, travaille en anonymat pour se protéger.
D’après l’Initiative for an Open Arab Net en 2007, on peut compté à peu près une douzaine de détention et de menaces pour des bloggeurs en Egypte. Aussi, au Proche et au Moyen-Orient, la guerre contre le terrorisme donne une excuse pour légitimer les fermetures de sites.
Souvent, les bloggeurs deviennent des victims de conflits politiques: Ahmed Al-Omran, un des bloggeurs saoudiens proéminents, croit que son compatriote Fouad Al-Farhan est arrêté comme un bouc émissaire. Il est coincé au milieu d’un conflit entre le Roi Abdullah, qui est pressé pour les réformes et ses officiels conservateurs.
Kareem Amer est dans la même situation : Il est probablement détenu car la police s’en prend à la blogosphère égyptienne des membres islamistes des Frères Musulmans et les réformistes libéraux.
Kareem Amer a été rejeté par sa famille avant qu’il soit envoyé en prison. Son père a même appelé à une condamnation à mort.
Parce que les prisonniers égyptiens dépendent de leur famille pour leurs besoins quotidiens, Esra’a Al-Shafei et l’équipe de « Free Kareem » a collectionné des dons pour lui. Dans une lettre écrite depuis la prison, le détenu fait connaître sa reconnaissance :
« La Prison ne me changera pas."
17:54 Publié dans Kareem Amer dans la presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Lettre à George W. Bush

Reporters sans frontières demande à George W. Bush d’agir en faveur de la liberté de la presse lors de son voyage au Moyen-Orient
A l’occasion de la visite du président des Etats-Unis, George W. Bush, à ses homologues saoudien, égyptien et israélien, du 13 au 18 mai 2008, Reporters sans frontières lui a fait parvenir une lettre, le 7 mai 2008, dans laquelle l’organisation lui demande d’aborder les cas de censure dans ces pays afin d’obtenir des garanties concernant la liberté d’information des citoyens.
“Il est impératif que les Etats-Unis, par l’intermédiaire de son président, rappellent l’importance du droit à l’information à leurs alliés que sont l’ Arabie saoudite, l’Egypte et Israël, et les incitent à élargir le champ de la liberté d’expression. Les journalistes, les blogueurs et les journalistes citoyens sont des témoins indispensables des événements survenant dans la région. Une presse vigoureuse, capable d’informer les citoyens et de demander des comptes à ses dirigeants, joue un rôle de premier ordre dans l’avenir des pourparlers et du développement de la région”, a écrit l’organisation.
Kareem AmerDans sa lettre, Reporters sans frontières a demandé au président des Etats-Unis d’intervenir en faveur de la libération du blogueur égyptien Kareem Amer, condamné à quatre ans de prison, le 22 février 2007 pour avoir "incité à la haine de l’islam" et “insulté le président Hosni Moubarak” sur son blog. En Egypte, l’état d’urgence instauré après l’assassinat du président Anwar el-Sadat, en 1981, est toujours en vigueur et les autorités ne cessent de harceler les journalistes en multipliant notamment les procédures judiciaires envers les médias. Le 26 mars, Ibrahim Issa, rédacteur en chef de l’hebdomadaire indépendant Al Doustour, a été condamné à six mois de prison pour avoir publié “de fausses informations, portant atteinte aux intérêts du pays et à la sécurité nationale”.
King Abdallah Ibn al-Saud (Saudi Arabia)En Arabie saoudite, les émissions en direct sont interdites sur les chaînes publiques depuis février 2008 afin d’empêcher les auditeurs de faire entendre leurs doléances à l’antenne. Le pays possède également l’un des réseaux Internet les plus filtrés au monde. De plus, sans cadre juridique protégeant la liberté d’expression, les journalistes saoudiens ne remettent jamais en cause le pouvoir et l’autocensure reste de mise. Le contrôle des autorités sur l’information a notamment mené à l’arrestation du blogueur Fouad Al Farhan, le 10 décembre 2007, pour avoir décrit les “avantages” et les “inconvénients” d’être musulman sur son blog. Il est resté près de cinq mois en prison pour avoir usé de son droit à la liberté d’expression sur le Web.
L’organisation de défense de la liberté de la presse a également demandé à George W. Bush d’obtenir des précisions sur les circonstances de la mort de Fadel Shanaa, le caméraman de l’agence de presse américaine Reuters, tué le 16 avril dans la bande de Gaza par l’”erreur de tir” d’un tank israélien.
Israeli Defence Forces“L’armée israélienne doit clairement identifier les auteurs du tir et les sanctionner. Des soldats israéliens coupables de négligence ou responsables de tirs délibérés contre des journalistes ont été exhonérés par leur hiérarchie à plusieurs reprises par le passé. Ces pratiques sont inacceptables dans un pays qui prétend appliquer des principes démocratiques”, a ajouté l’organisation.
Les forces de défense israélienne figurent dans la liste des prédateurs de la liberté de la presse établie par Reporters sans frontières le 3 mai. Plusieurs journalistes sont blessés chaque année par des balles réelles ou en caoutchouc, ou par des éclats de grenades assourdissantes ou lacrymogènes tirées par l’armée israélienne sans discernement.
L’Arabie saoudite, l’Egypte et Israël (hors territoire israélien) sont respectivement classés aux 148 e, 146 e et 103 e rangs du classement mondial de la liberté de la presse de Reporters sans frontières.
17:20 Publié dans messages de soutien | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
07.05.2008
Réaction d'Amnesty International à la condamnation de Kareem Amer
AMNESTY INTERNATIONAL
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Flash
Index AI : MDE 12/006/2007 (Public)
Bulletin n° : 037
ÉFAI
22 février 2007
Égypte. La condamnation de Karim Amer fait des blogueurs des nouvelles cibles pour les autorités
Amnesty International condamne la peine de quatre ans d'emprisonnement infligée ce jeudi 22 février par un tribunal égyptien au blogueur Karim Amer, et elle demande la libération immédiate et inconditionnelle de cet homme.
«Cette condamnation est un nouveau coup porté à la liberté d'expression en Égypte, a déclaré Hassiba Hadj Sahraoui, directrice adjointe du programme Moyen-Orient et Afrique du nord d'Amnesty International. Les autorités égyptiennes doivent protéger l'exercice pacifique de la liberté d'expression, y compris si les points de vue exprimés peuvent être perçus comme choquants par certaines personnes. Amnesty International considère Karim Amer comme un prisonnier d'opinion poursuivi uniquement pour avoir exprimé de manière pacifique son point de vue sur différents sujets.»
«Les autorités égyptiennes doivent abroger la loi, contraire aux normes internationales, qui prévoit des peines d'emprisonnement pour des personnes n'ayant rien fait de plus qu'exercer de manière pacifique leurs droits à la liberté d'expression, de pensée, de conscience et de religion.»
Karim Amer est le premier Égyptien jugé pour avoir écrit des blogs critiques à l'égard des autorités religieuses d'el Azhar, du président Moubarak et de l'islam. Il a été accusé notamment de «diffusion d'informations susceptibles de troubler l'ordre public et de ternir la réputation du pays», «d'incitation à la haine de l'islam» et de «diffamation à l'égard du président de la République».
16:52 Publié dans Association de défense des droits humains | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

