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07.05.2008
Réaction d'Amnesty International à la condamnation de Kareem Amer
AMNESTY INTERNATIONAL
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Flash
Index AI : MDE 12/006/2007 (Public)
Bulletin n° : 037
ÉFAI
22 février 2007
Égypte. La condamnation de Karim Amer fait des blogueurs des nouvelles cibles pour les autorités
Amnesty International condamne la peine de quatre ans d'emprisonnement infligée ce jeudi 22 février par un tribunal égyptien au blogueur Karim Amer, et elle demande la libération immédiate et inconditionnelle de cet homme.
«Cette condamnation est un nouveau coup porté à la liberté d'expression en Égypte, a déclaré Hassiba Hadj Sahraoui, directrice adjointe du programme Moyen-Orient et Afrique du nord d'Amnesty International. Les autorités égyptiennes doivent protéger l'exercice pacifique de la liberté d'expression, y compris si les points de vue exprimés peuvent être perçus comme choquants par certaines personnes. Amnesty International considère Karim Amer comme un prisonnier d'opinion poursuivi uniquement pour avoir exprimé de manière pacifique son point de vue sur différents sujets.»
«Les autorités égyptiennes doivent abroger la loi, contraire aux normes internationales, qui prévoit des peines d'emprisonnement pour des personnes n'ayant rien fait de plus qu'exercer de manière pacifique leurs droits à la liberté d'expression, de pensée, de conscience et de religion.»
Karim Amer est le premier Égyptien jugé pour avoir écrit des blogs critiques à l'égard des autorités religieuses d'el Azhar, du président Moubarak et de l'islam. Il a été accusé notamment de «diffusion d'informations susceptibles de troubler l'ordre public et de ternir la réputation du pays», «d'incitation à la haine de l'islam» et de «diffamation à l'égard du président de la République».
16:52 Publié dans Association de défense des droits humains | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
La réaction d'Human Rights Watch à la condamnation de Kareem Amer
Egypte: Abandoner les charges contre le bloggeur.
Le procès montre le besoin d’en finir avec les freins de la liberté d’expression.
Caire, 27 Janvier, 2007 :
Les autorités égyptiens devraient immédiatement abandonner tous les charges contre un bloggeur pour ses écrits sur internet et le relâcher sans délai, a dit aujourd’hui Human Rights Watch.
Le procès a commencé le 25 janvier d’Abd Al-Karim Nabil Suleiman, mieux connu sous son nom de plume Kareem Amer, le premier bloggeur égyptien à être poursuivi en justice pour le contenu de son blog(…)
Suleiman, un ancien étudiant de 22 ans en droit à l’Université Al-Azhar, est apparu devant le procureur public le 7 novembre 2006,suite à une plainte déposée par l’Université, pour répondre à la charge « diffusion d’informations menaçant l’ordre public », » incite à la haine des musulmans » et « insulte au président ».
Il postait fréquemment des articles critiquant l’Islam, les autorités d’Al-Azhar et le président Hosni Moubarak sur son blog. Le procureur a ordonné sa détention pendant l’investigation et a renouvelé sa détention quatre fois avant l’ouverture de son procès à la Court Muharram Bek à Alexandrie (…)
« Charger une personne pour l’expression pacifique de ses points de vue est triste ?
En freinant la liberté des bloggeurs à poster, le gouvernement pourrait essayer de fermer aux égyptiens un espace important d’expression libre sur les événements et les problèmes qui les inquiètent.
Sarah Leah Whitson Responsable du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord de Human Rights Watch
Les agents de sécurité ont arête Suleiman le 26 octobre 2005 à sa maison à Muharram Beck, un district d’Alexandrie quelques jours après des émeutes meurtriers extrémistes.
4 jours plus tôt, il avait posté des commentaries sur son blog critiquant lest émeutes musulmans et l’Islam. En mars 2006, un conseil de discipline d’Al-Azhar l’avait rendu coupable de blasphémer l’Islam et l’a exclu de l’université.
Les charges contre Suleiman sont en contradiction avec la liberté d’expression garantie par le droit international . L’Article 102(bis) du Code Penal permet la détention de « quiconque qui diffusent délibérément des nouvelles, informations, fausses ou induisant des rumeurs, ce qui est responsable de la sécurité public, diffuse terreur parmi la population, ou cause tort ou dommage à l’intérêt public ».
L’article 176 du Code Penal permet l’emprisonnement de quiconque qui incite la discrimination contre une partie de la population à cause de la race, origine, langue ou croyance et si cette incitation est responsable de troubler l’ordre public.
L’article 179 permet la détention de « quiconque qui insulte le Président de la République.
Le gouvernement égyptien devrait immédiatement abandonner tous les charges contre Suleiman et le libérer ; Whiston a dit. « Suleiman est coupable de rien mais à exercé de manière pacifique sont de liberté d’expression. Au lieu de poursuivre un bloggeur pour avoir exercer son droit à la liberté d’expression , le gouvernement devrait amender les lois qui abrègent ces droits.
16:46 Publié dans Association de défense des droits humains | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Mai 08 : joyeux anniversaire M. Moubarak !
Appels à la grève
diffusés sur internet,
notamment via Facebook.
Pour se représenter l’état d’esprit de l’opposition égyptienne, il suffit d’imaginer que vous lisez ces lignes en 2035 : la France vit sous le régime de l’Etat d’urgence depuis 28 ans, soit la durée du règne de l’immuable président Sarkozy qui va sur ses 83 ans …
Ce dimanche 4 mai, le président Moubarak célèbre "seulement" ses 80 printemps, l’occasion pour l’opposition égyptienne d’appeler une nouvelle fois à la grève. Le précédent mouvement, le 6 avril dernier, s’était soldé par de violents incidents, notamment à Mahalla al-kubra au nord du Caire, entraînant la mort d’au moins un manifestant, suivie de centaines d’arrestations.
Même si le président a annoncé dans son discours du 1er mai une hausse très inattendue de près de 30 % du salaire des fonctionnaires (12,2 milliards de livres égyptiennes selon le ministre des Finances, plus de deux milliards de dollars à trouver dans le budget national…), les raisons de manifester ne manquent pas : coût de la vie bien entendu, chômage, et tout récemment un contrat avec Israël pour la livraison de gaz à un prix sans doute largement inférieur aux tarifs du marché (il n’a pas été rendu public, en dépit des demandes de certains parlementaires). Mais on imagine l’effet dévastateur d’un contrat qui permet aux centrales électriques israéliennes d’augmenter de 20% leur capacité de production quand la population de Gaza, sous le blocus, doit se passer de toute ressource énergétique !
On s’attend à ce que cette seconde journée d’action soit plus suivie encore que la première. Après bien des tergiversations, le parti (semi-légal) des Frères musulmans, le plus puissant des mouvements d’opposition, a en effet décidé cette fois de s’associer au mouvement.
De leur côté, les autorités ont déployé les grands moyens : tandis que les ténors du parti au pouvoir dénoncent dans la presse officielle un mouvement qui ne représente pas les vraies tendances de la société civile et qui serait même manipulé par l’Amérique (!), les religieux fidèles au régime rappellent à leurs ouailles les dangers qui guettent ceux qui se risqueraient à se joindre à la grève. Plus radicalement encore, les autorités ont demandé ces derniers jours aux trois opérateurs de téléphonie mobile du pays de couper quelque 250 000 lignes trop anonymes à leur goût (les abonnés ayant négligé de remplir les informations les concernant sur leur contrat).
Quel que soit son bilan, cette seconde journée de protestation confirme d'ores et déjà le rôle joué désormais en Egypte par les technologies de la communication comme vecteur de mobilisation. L’incarcération de blogueurs - connus (voir ce récent billet) ou moins connus (Esraa Abdel-Fattah إسراء عبد الفتاح par exemple, une jeune employée de 27 ans, membre du parti Al-Ghadd) – n’y change rien : les appels à la grève se diffusent comme une traînée de poudre via les portables, mais également sur internet, à travers d’innombrables sites, blogs, salons de discussion, qui sont loin d’être tous exclusivement politiques.
Sur Facebook – qui inquiète tout autant les Syriens que les Israéliens – des groupes qui rassemblent parfois plusieurs dizaines de milliers d’utilisateurs font circuler les appels à la grève ou encore une série de "30 conseils pour la désobéissance civile du 4 mai" (نصيحة للعصيان المدني في 4 مايو).
Le mai 68 égyptien mobilise une jeunesse qui ne se reconnaît pas totalement dans les partis d’opposition traditionnels. Agés d’à peine vingt ans, les manifestants d’aujourd’hui utilisent les nouvelles technologies de la communication tout comme ils inventent de nouvelles formes d’expression politique, radicalement nouvelles pour la région.
Pour préparer la grève, on a ainsi demandé aux manifestants (250 000 ont annoncé leur intention de le faire) de s’habiller en noir, notamment en signe de deuil pour les victimes de la répression du 6 avril. Sous le mot d'ordre "le pognon du gouvernement, c’est un tract pour l’opposition" (فلوس الحكومة منشورات للمعارضة), les appels à la grève, les "Casse-toi" (إرحل), les "Non à Moubarak" ont été écrits sur les billets de banque en circulation. Un concert de casseroles est programmée pour le dimanche 4 sur les terrasses des immeubles du Caire.
Comme de bien entendu, la musique et en particulier le rap, particulièrement en vogue dans la jeunesse du monde arabe (voir ces deux billets : 1 et 2), participent à la fête et voilà ce que ça donne en arabe (cliquer pour écouter):
هيمنة هيمنة مفيش أي نوع من الحرية.. كل حاجة ثابتة زي ما هيه، كفاية كده سرقة سرقة بلطجة عربجة.. المطلوب تكون زي الناموس محدش حتى يسمع زنك.. مستوى معيشة الفرد بقا في الضياع.. الفقراء بيزدادو فقر والأغنياء بيزيدوا غنى والطبقة المتوسطة خلاص خطفها الصقر، الناس بتدور على المصالح والتفكير بقا في الضياع
(Tentative de traduction : Opprimé, opprimé /Pas de liberté /Tout est coincé, bloqué / Les vols, assez ! / Nervis dépravés / Comme un moustique écrasé / Faut même pas bouger / Pouvoir d’achat envolé /Les pauvres toujours plus pauvres / Les riches toujours plus riches / Les classes moyennes toujours plus envolées /Chacun cherche à s’en tirer / Plus personne veut penser…)
En prime pour les arabophones, un intéressant débat à la télé sur la mobilisation politique et les nouvelles technologies. Et d'autres morceaux de rap politique (cliquez sur les T-shirts !)
http://culturepolitiquearabe.blogspot.com/search/label/musique
12:43 Publié dans Moyen-Orient | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

