31.05.2009
N’élisez pas Farouk Hosni à la tête de l’UNESCO
Il y a une grande différence entre demander pardon par un sursaut moral et demander pardon pour gagner les bonnes grâces de quelqu'un. Dans le premier cas, cela s'appelle faire amende honorable ; dans le second, c'est de l'hypocrisie. Les excuses du ministre de la Culture égyptien, Farouk Hosni, publiées le 27 mai dans le quotidien français Le Monde, pour ses déclarations d'il y a un an affirmant qu'il était prêt à brûler tous les livres hébreux dans les bibliothèques de son pays, relèvent de la seconde catégorie. Comme il est convaincu qu'Israël a des relais partout, il pense que les courbettes constituent le plus sûr moyen d'accéder au poste de secrétaire général de l'UNESCO.
Pour commencer, il faut souligner que ses déclarations méritaient effectivement des excuses : elles relevaient d'une bêtise sans bornes. Un livre est source de savoir, quelle que soit sa langue et d'où qu'il vienne ; seuls les ignorants peuvent le nier. Ces propos auraient été indignes d'un chef des services de renseignements ; de la part d'un ministre censé protéger la culture et encourager l'édition, c'est d'autant moins pardonnable.
Voilà le cœur du problème : dans une dictature, le rôle d'un ministre de la Culture n'est pas de protéger la culture, mais de l'étouffer afin de protéger le régime. De ce point de vue, Farouk Hosni a fait des merveilles. C'est un virtuose de l'obéissance et de la flagornerie, qui a su domestiquer la culture et la mettre au service du pouvoir. Cela lui a valu d'être maintenu à son poste pendant près de vingt ans, malgré les critiques et l'amertume des intellectuels et artistes égyptiens.
Le milieu dans lequel il souhaite entrer aujourd'hui ne ressemble en rien à celui auquel il est habitué. Jusqu'à présent, il pouvait écraser sous sa botte tout ce qui avait un rapport avec la culture et les intellectuels, alors qu'au poste qu'il convoite la règle est de les respecter. Car ceux qui occupent le pouvoir dans le monde arabe ne se rendent pas compte qu'en se faisant les "alliés" des Occidentaux, c'est-à-dire en faisant le sale boulot de répression et de torture à leur place, ils ne gagnent en rien le droit de s'asseoir à la même table qu'eux, ni de leur parler d'égal à égal. Il n'est pas pensable que l'UNESCO se donne un secrétaire général qui soit originaire d'un pays où l'on élimine les opposants par des procès manipulés et des actes d'accusation fantaisistes.
La volonté de Farouk Hosni d'accéder au sommet de l'UNESCO ne se heurte pas seulement à sa manière répréhensible de traiter la culture dans son pays, mais également à sa pratique du pouvoir. Il a en effet géré son ministère comme un fief personnel, donnant prise à des accusations de confusion entre l'intérêt public et ses intérêts privés. Mettre un tel personnage à la tête d'une organisation dotée d'un budget incomparablement plus important que celui du ministère de la Culture égyptien n'est pas pour enchanter les diplomates internationaux.
En tout état de cause, il ne faut pas considérer Farouk Hosni comme le candidat des Egyptiens et encore moins comme celui des Arabes. Il est rejeté par la plupart des artistes égyptiens. Tout au plus peut-il être considéré comme le candidat de l'Egypte officielle, de cette Egypte qui expulse les militants européens exprimant leur solidarité avec les habitants de la bande de Gaza, cette prison gardée par Israël d'un côté, par l'Egypte de l'autre. Cette Egypte-là n'a rien à voir avec l'humanisme ; elle ne représente en aucun cas les Arabes.
Si Farouk Hosni devait être nommé à ce poste, ce qui est fort peu probable, cela ne servirait en rien les Arabes. Au contraire, il risquerait de devenir une source d'embarras. La dernière chose dont les Arabes ont besoin, ce serait que leur réputation, déjà en lambeaux chez eux, subît un nouveau déshonneur à l'extérieur.
Abdelwahab Al-Effendi
Intellectuel soudanais enseignant à l’université de Westminster, à Londres, Effendi est aussi l’un des éditorialistes de la presse arabe les plus respectés. Il collabore régulièrement au quotidien panarabe Al-Quds Al-Arabi. Auteur de plusieurs ouvrages sur l’Etat, l’islam et la démocratie, il a également signé une histoire du mouvement islamiste au Soudan, Turabi’s Revolution : Islam and Power in Sudan (Grey Seal, Londres, 1991).
15:04 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
10.01.2009
Le Journal de Libertés-Culture n°1
Bonne découverte
Au sommaire: Kareem Amer, Aun San Su Kyi, la peine de mort au Maroc, Hu Jia, République Démocratique du Congo
libertes-culture[1].pdf
00:48 Publié dans Le Journal de Libertés-Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
06.01.2009
Kareem Amer en une
Kareem Amer fait la une du premier numéro du journal de Libertés-Culture
libertes-culture[1].pdf
01:47 Publié dans Kareem Amer dans la presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

