11.05.2008
Nous bloguons parce que nous croyons
L’article ci-dessous est une traduction d’un article publié dans le journal allemand « Die Zeit » (The Time).
Il a été publié trois jours après le premier anniversaire de la condamnation de Kareem le 25 février
Nous bloguons parce que nous croyons.
Un an après que le bloggeur égyptien Kareem était envoyé en prison pour avoir insulté l’Islam.
Par Simon Columbus.
Ses doigts forment le signe de la victoire mais Kareem Amer n’a pas gagné.
Bien au contraire, le 22 février de l’année dernière, l’étudiant de l’Université Al-Azhar au Caire était condamné et accumulait quatre ans de prison.
Trois années pour avoir insulté l’Islam et une année pour avoir insulté le président égyptien Hosni Moubarak.
Que s’est-il passé ? Le 22 octobre 2005, des émeutes contre les croyants chrétiens ont éclaté devant l’église d’Alexandrie.
Kareem Amer dont le nom réel est Abdul Kareem Nabeel Suleiman décrit l’incident.
Pour lui, le conflit religieux n’est rien d’autre qu’une excuse. Et il poursuit :
Mais l’Islam en procès et en condamnation avec tous ses symboles (…) dont tu peut être sûr ce qui s’est passé hier ne se répètera pas.
Durs mots dans un pays où l’Islam est religion d’Etat et la Charia la base de la législation. Même si beaucoup de ceux qui se battent pour la libération de Kareem Amer ne sont pas d’accord avec ses polémiques.
En tant que musulmans, nous sommes certainement en désaccord avec ce qu’il dit et la manière dont il l’écrit » dit Esra’a Al-Shafei du Bahreïn. Cependant nous sentons le besoin de protéger ses droits basiques pour le bien de nous tous.
Par conséquent, Esra’a Al-Shafei a initié la Campagne Free Kareem. Sur internet, les supporters collectent des informations sur le prisonnier et organise des manifestations de protestation dans le monde.
Kareem Amer est un de ceux qui appartient à une génération « rising » de jeunes garçons et filles éduqués du Moyen-Orient qui revendiquent d’utiliser internet comme un moyen d’expression.
Fouad Al-Farhan, un autre blogeur emprisonné en Arabie Saoudite [libéré aujourd’hui] dit que sa génération pense : nous bloggons car nous croyons nous avons des opinions qui méritent d’être entendus , et les esprits devraient être respectés.
Beaucoup de jeunes bloggeurs n’écrivent pas seulement à propos de la politique mais la plupart d’entre eux mentionnent des thèmes politiques encore et encore.
Ils veulent discuter et échanger entre eux à propos de leur vie aussi bien que les problèmes du Proche et Moyen-Orient.
Pour Fouad Al-Farhan, c’est seulement possible à travers des forums, réseaux sociaux et des blogs sur internet, car il n’y a pas de média libre ou une liberté de s’assembler dans des pays de la région dirigé autocratiquement.
Le rapport de l’organisation non-gouvernementale Reporters Sans Frontières arrive à la conclusion qu’ici il n’y a pas de liberté de la presse dans aucun pays du Proche et du Moyen-Orient. La flatterie est la meilleure façon de garder son travail et sa liberté »
Les plus influents deviennent les jeunes bloggeurs qui sont capables d’écrire ce qu’ils pensent réellement. Ils apportent à l’attention du public des problèmes qui sont ignorés par les médias contrôlés par les Etats. Beaucoup travaillent avec des surnoms, travaille en anonymat pour se protéger.
D’après l’Initiative for an Open Arab Net en 2007, on peut compté à peu près une douzaine de détention et de menaces pour des bloggeurs en Egypte. Aussi, au Proche et au Moyen-Orient, la guerre contre le terrorisme donne une excuse pour légitimer les fermetures de sites.
Souvent, les bloggeurs deviennent des victims de conflits politiques: Ahmed Al-Omran, un des bloggeurs saoudiens proéminents, croit que son compatriote Fouad Al-Farhan est arrêté comme un bouc émissaire. Il est coincé au milieu d’un conflit entre le Roi Abdullah, qui est pressé pour les réformes et ses officiels conservateurs.
Kareem Amer est dans la même situation : Il est probablement détenu car la police s’en prend à la blogosphère égyptienne des membres islamistes des Frères Musulmans et les réformistes libéraux.
Kareem Amer a été rejeté par sa famille avant qu’il soit envoyé en prison. Son père a même appelé à une condamnation à mort.
Parce que les prisonniers égyptiens dépendent de leur famille pour leurs besoins quotidiens, Esra’a Al-Shafei et l’équipe de « Free Kareem » a collectionné des dons pour lui. Dans une lettre écrite depuis la prison, le détenu fait connaître sa reconnaissance :
« La Prison ne me changera pas."
17:54 Publié dans Kareem Amer dans la presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Lettre à George W. Bush

Reporters sans frontières demande à George W. Bush d’agir en faveur de la liberté de la presse lors de son voyage au Moyen-Orient
A l’occasion de la visite du président des Etats-Unis, George W. Bush, à ses homologues saoudien, égyptien et israélien, du 13 au 18 mai 2008, Reporters sans frontières lui a fait parvenir une lettre, le 7 mai 2008, dans laquelle l’organisation lui demande d’aborder les cas de censure dans ces pays afin d’obtenir des garanties concernant la liberté d’information des citoyens.
“Il est impératif que les Etats-Unis, par l’intermédiaire de son président, rappellent l’importance du droit à l’information à leurs alliés que sont l’ Arabie saoudite, l’Egypte et Israël, et les incitent à élargir le champ de la liberté d’expression. Les journalistes, les blogueurs et les journalistes citoyens sont des témoins indispensables des événements survenant dans la région. Une presse vigoureuse, capable d’informer les citoyens et de demander des comptes à ses dirigeants, joue un rôle de premier ordre dans l’avenir des pourparlers et du développement de la région”, a écrit l’organisation.
Kareem AmerDans sa lettre, Reporters sans frontières a demandé au président des Etats-Unis d’intervenir en faveur de la libération du blogueur égyptien Kareem Amer, condamné à quatre ans de prison, le 22 février 2007 pour avoir "incité à la haine de l’islam" et “insulté le président Hosni Moubarak” sur son blog. En Egypte, l’état d’urgence instauré après l’assassinat du président Anwar el-Sadat, en 1981, est toujours en vigueur et les autorités ne cessent de harceler les journalistes en multipliant notamment les procédures judiciaires envers les médias. Le 26 mars, Ibrahim Issa, rédacteur en chef de l’hebdomadaire indépendant Al Doustour, a été condamné à six mois de prison pour avoir publié “de fausses informations, portant atteinte aux intérêts du pays et à la sécurité nationale”.
King Abdallah Ibn al-Saud (Saudi Arabia)En Arabie saoudite, les émissions en direct sont interdites sur les chaînes publiques depuis février 2008 afin d’empêcher les auditeurs de faire entendre leurs doléances à l’antenne. Le pays possède également l’un des réseaux Internet les plus filtrés au monde. De plus, sans cadre juridique protégeant la liberté d’expression, les journalistes saoudiens ne remettent jamais en cause le pouvoir et l’autocensure reste de mise. Le contrôle des autorités sur l’information a notamment mené à l’arrestation du blogueur Fouad Al Farhan, le 10 décembre 2007, pour avoir décrit les “avantages” et les “inconvénients” d’être musulman sur son blog. Il est resté près de cinq mois en prison pour avoir usé de son droit à la liberté d’expression sur le Web.
L’organisation de défense de la liberté de la presse a également demandé à George W. Bush d’obtenir des précisions sur les circonstances de la mort de Fadel Shanaa, le caméraman de l’agence de presse américaine Reuters, tué le 16 avril dans la bande de Gaza par l’”erreur de tir” d’un tank israélien.
Israeli Defence Forces“L’armée israélienne doit clairement identifier les auteurs du tir et les sanctionner. Des soldats israéliens coupables de négligence ou responsables de tirs délibérés contre des journalistes ont été exhonérés par leur hiérarchie à plusieurs reprises par le passé. Ces pratiques sont inacceptables dans un pays qui prétend appliquer des principes démocratiques”, a ajouté l’organisation.
Les forces de défense israélienne figurent dans la liste des prédateurs de la liberté de la presse établie par Reporters sans frontières le 3 mai. Plusieurs journalistes sont blessés chaque année par des balles réelles ou en caoutchouc, ou par des éclats de grenades assourdissantes ou lacrymogènes tirées par l’armée israélienne sans discernement.
L’Arabie saoudite, l’Egypte et Israël (hors territoire israélien) sont respectivement classés aux 148 e, 146 e et 103 e rangs du classement mondial de la liberté de la presse de Reporters sans frontières.
17:20 Publié dans messages de soutien | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
07.05.2008
Réaction d'Amnesty International à la condamnation de Kareem Amer
AMNESTY INTERNATIONAL
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Flash
Index AI : MDE 12/006/2007 (Public)
Bulletin n° : 037
ÉFAI
22 février 2007
Égypte. La condamnation de Karim Amer fait des blogueurs des nouvelles cibles pour les autorités
Amnesty International condamne la peine de quatre ans d'emprisonnement infligée ce jeudi 22 février par un tribunal égyptien au blogueur Karim Amer, et elle demande la libération immédiate et inconditionnelle de cet homme.
«Cette condamnation est un nouveau coup porté à la liberté d'expression en Égypte, a déclaré Hassiba Hadj Sahraoui, directrice adjointe du programme Moyen-Orient et Afrique du nord d'Amnesty International. Les autorités égyptiennes doivent protéger l'exercice pacifique de la liberté d'expression, y compris si les points de vue exprimés peuvent être perçus comme choquants par certaines personnes. Amnesty International considère Karim Amer comme un prisonnier d'opinion poursuivi uniquement pour avoir exprimé de manière pacifique son point de vue sur différents sujets.»
«Les autorités égyptiennes doivent abroger la loi, contraire aux normes internationales, qui prévoit des peines d'emprisonnement pour des personnes n'ayant rien fait de plus qu'exercer de manière pacifique leurs droits à la liberté d'expression, de pensée, de conscience et de religion.»
Karim Amer est le premier Égyptien jugé pour avoir écrit des blogs critiques à l'égard des autorités religieuses d'el Azhar, du président Moubarak et de l'islam. Il a été accusé notamment de «diffusion d'informations susceptibles de troubler l'ordre public et de ternir la réputation du pays», «d'incitation à la haine de l'islam» et de «diffamation à l'égard du président de la République».
16:52 Publié dans Association de défense des droits humains | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

